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l’Italie, championne d’Europe de la récupération et du recyclage des emballages

source : Olivier Tosseri 
L’Italie a été promue par l’Eurostat comme championne d’Europe de la récupération et du recyclage des emballages urbains et industriels – Shutterstock

Le taux de réalisation de ces opérations est de 76,9 % dans le Péninsule, soit plus du double de la moyenne européenne qui s’établit à 37 %, selon Eurostat.

La crise de la  gestion des déchets à Rome et à Naples – qui font souvent la une des médias internationaux – est l’arbre qui cache la forêt. Celle d’une Italie promue par l’Eurostat comme championne d’Europe de la récupération et du recyclage des emballages urbains et industriels. Le taux est de 76,9 %, soit plus du double de la moyenne européenne qui s’établit à 37 %.

La Péninsule devance nettement ses voisins considérés pourtant comme plus vertueux : la France avec 54 %, le Royaume-Uni avec 44 % et l’Allemagne avec 43 % sont bien moins performants. Ce sont ainsi 56 millions de tonnes de déchets d’emballages qui ont été récupérés et recyclés en Italie en près de vingt ans. La moitié est constituée par des matériaux traditionnels tels que le papier, le verre, le plastique, le bois ou différents métaux.

6.000 entreprises et 155.000 salariés

Des bienfaits qui sont écologiques mais également économiques puisqu’ils sont permis par l’action de plus de 6.000 entreprises employant 155.000 salariés, en hausse de 10 % ces dix dernières années. S’ajoutent à cela 3.000 entreprises et 180.000 personnes si l’on prend en considération le monde des papeteries, verreries ou aciéries qui gravite autour et permet la récupération et le recyclage des différents déchets.

Ils sont notamment supervisés par le CONAI, le consortium italien sur les emballages, mis en place il y a tout juste vingt ans dans le but de coordonner les activités de plusieurs consortiums traitant l’aluminium, le verre, le papier et le carton, le plastique, l’acier et le bois. Pour le plastique et le bois, il se fixe même des objectifs supérieurs à ceux prescrits par l’Union européenne.

Plus de 900.000 entreprises productrices et utilisatrices d’emballages travaillent en collaboration avec le CONAI. Si seulement 190.000 tonnes de déchets étaient récupérées et recyclés en 1998, 4 millions de tonnes l’ont été l’an dernier. Cela a permis d’éviter que 130 millions de m3 d’emballages ne finissent dans des décharges et généré des bénéfices économiques directs et indirects de l’ordre de 1 milliard d’euros en 2016 et de près de 10 milliards depuis 2005.

En avance sur les objectifs européens

Aujourd’hui 78,2 % des emballages produits en Italie pour la consommation sont soustraits aux décharges, alors que l’objectif fixé par l’UE est de 65 % en 2020. La masse des déchets qui y finissent continue de diminuer, avec une baisse de 5 % l’an dernier. Au total, 134 décharges ont reçu des déchets en 2016 soit 15 de moins sur un an, d’après le dernier rapport de l’Ispra (Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale).

Toutes les régions ne sont pas dotées des infrastructures nécessaires et certaines, en particulier le Mezzogiorno, rencontrent de sérieux problèmes. Ce qui provoque « l’exportation » des déchets vers les régions septentrionales ou vers les pays étrangers tels que l’Autriche et la Hongrie. Quelque 433.000 tonnes de déchets urbains ont ainsi été exportées l’an dernier.

@OlivierTosseri
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