Au Québec, la plateforme, appli et chatbot Grabville connecte d’un texto ou d’un message Facebook citoyens et “collecteurs” pour faciliter la récupération et le recyclage des encombrants. L’économie circulaire a peut-être bien trouvé son modèle économique…

Des Québécois, des Français ou des Américains, qui génère le plus de déchets encombrants ? Les Québécois seraient parmi les plus grands producteurs au monde de déchets, deux fois plus qu’un Japonais, 60% de plus qu’un Français et 15% de plus qu’un Américain. Chaque année, la gestion des ordures coûterait au Québec la bagatelle de 1,3 milliards de dollars par an. En fouillant un peu, nous sommes tombés sur une initiative intéressante qui souhaite endiguer ce problème — et qui pourrait inspirer plus d’un pays : Grabville.

Le principe ? Grabville relie collectivités territoriales, citoyens et collecteurs. D’un texto ou d’un message Facebook adressé au chatbot de Grabville, le citoyen décrit l’objet dont il se débarrasse : qu’il souhaite être payé pour la récupération de son objet, acheter un service de ramassage ou de recyclage ou donner un encombrant, Grabville délivre son message au réseau de collecteurs locaux, selon le type d’objets. Par exemple, un objet métallique se verra proposer à un collecteur autorisé à traiter le métal. L’objectif : “On souhaite que les matières résiduelles trouvent bon preneur et on s’assure que l’objet trouve une nouvelle vie ou le recyclage adéquat”, explique Frédéric Proulx, directeur général de Grabville.

Frédéric qui jusqu’à présent, avait plutôt cumulé des expériences dans le digital ou le marketing a l’idée alors qu’il retape sa maison : « Je me suis retrouvé avec plein de matériaux encombrants et je savais bien que malheureusement, ils seraient enfouis sans être nécessairement recyclés alors que ça allait me coûter beaucoup d’argent. 14 containers de déchets, vous pensez bien…” Et d’ajouter qu’au Québec, nombreux sont ceux qui enfouissent de manière totalement illégale leurs encombrants. “La raison est simple : ici on a énormément d’espace, on engrange. Chaque année, le Québécois génère 900 kilos de déchets contre 360 chez le Français”.

Frédéric pense alors à toute cette économie de la collecte et du recyclage : “certains collecteurs sont spécialisés dans le bois, d’autres dans le métal et ils ont une volonté de le recycler que ce soit par la vente ou la retape. Un collecteur récupère un meuble, il pourra peut-être le repeindre en acceptant de collecter de la peinture, par exemple”. Pour s’assurer que les collecteurs respectent bien le marché, ces derniers acceptent d’être tracés par Grabville. Comme Airbnb, Grabville rémunère le collecteur au bout de quinze jours. “Et c’est aussi vertueux pour les municipalités qui récupèrent ainsi des informations très utiles pour mieux organiser leurs services de ramassage de déchets. Plus on ramasse à la source, moins il y a d’encombrants”.

Pour ne pas léser les municipalités et “parce que Grabville est dans une logique d’économie du partage”, la plateforme reverse 15% de ses commissions (10% de chaque transaction) aux munipalités. En 2022, l’enfouissement des déchets sera totalement interdit au Québec : les habitants vont devoir se mettre sérieusement à l’économie circulaire. La bonne nouvelle ? Grabville a déjà convaincu 40 000 foyers !

source : Usbek & Rica

 

 

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